Le Polesine a été pendant des décennies une terre de betteraves. Cette culture a longtemps dessiné le paysage et l’économie du territoire. Aujourd’hui encore, la Britannica présente Rovigo comme un marché agricole pour le blé, la betterave sucrière, le lin et le chanvre. L’ancienne sucrerie du Viale Porta Adige est le monument de cette époque industrielle. Pour comprendre le territoire, c’est une étape précieuse.
L’usine
L’ensemble est né au début du XXe siècle, à l’initiative de la Società Italiana per l’Industria degli Zuccheri, l’une des grandes entreprises sucrières du pays. Pendant des générations, il a rythmé la vie économique de la ville au fil de ses campagnes de transformation. Un chapitre important de l’histoire économique de Rovigo s’est écrit ici. De la terre à l’usine, le cycle de la betterave a lié pendant des décennies la campagne du Polesine à la ville. Aujourd’hui encore, les dimensions de l’ensemble laissent deviner l’importance qu’il eut.
Une nouvelle vocation
Une fois la production arrêtée, le site a été réhabilité et transformé. Un lieu de travail est devenu un lieu de rencontre, tourné vers l’avenir. C’est aujourd’hui le CenSer (Centro Servizi) – Rovigo Fiere, un pôle polyvalent pour expositions, salons, congrès, spectacles, cinéma et ateliers. Les espaces accueillent aussi une structure culturelle consacrée aux arts visuels et aux arts de la scène. L’ensemble abrite également un centre universitaire et des logements pour les étudiants du Consorzio universitario di Rovigo. Salons, congrès et résidences étudiantes cohabitent ainsi dans les mêmes volumes industriels.
La Région Vénétie le décrit comme un ensemble « en cours de réhabilitation et de transformation ». C’est un chantier de régénération toujours ouvert, qui a choisi de donner au territoire une « vocation renouvelée » de service plutôt que de démolir. Une façon de regarder vers l’avenir sans effacer le passé. C’est un exemple d’archéologie industrielle reconvertie : là où l’on traitait les betteraves, on tient aujourd’hui salons, congrès et cours universitaires. Le visiter pendant un événement permet de saisir les deux âmes du lieu. La mémoire du sucre, d’ailleurs, ne s’est pas perdue : elle survit dans les volumes des bâtiments et dans les noms.



