Sant'Antonino martire, campanile, da Piazza Marconi (Ficarolo)
Sant'Antonino martire, campanile, da Piazza Marconi (Ficarolo) · Threecharlie · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons
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Histoire · Ficarolo

Campanile de Ficarolo

La tour tordue qui se redressa elle-même

Époque
XVIIIe siècle (1777-1790)
Où
Piazza Guglielmo Marconi 191, 45036 Ficarolo (RO)

Qui arrive à Ficarolo par la digue du Pô aperçoit aussitôt une tour qui semble se courber. Le campanile de l’église Sant’Antonino Martire, pourtant, ne se contente pas de pencher. Son profil est « brisé » en trois segments. C’est la preuve d’une longue lutte entre les bâtisseurs et un sol instable.

Une construction mouvementée

L’étude de l’Université IUAV de Venise sur la consolidation et la restauration de la tour en retrace l’histoire. Les fondations furent posées en 1777, après l’achèvement de l’église paroissiale.

Le projet était de l’architecte ferrarais Gaetano Barbieri (1711-1797), tandis que la construction fut confiée au maître d’œuvre Giuseppe Occari. Les travaux s’interrompirent plusieurs fois, pour des problèmes de stabilité et d’argent. Ils s’achevèrent en septembre 1790.

Le sol qui cède

L’emplacement choisi se trouvait près de la « fossa mantovana », un canal de drainage à ciel ouvert, et le terrain était très fragile. Quand la tour eut atteint environ un tiers de sa hauteur, les structures commencèrent à céder.

Les maçons ne renoncèrent pas. À plusieurs reprises, ils corrigèrent l’alignement des murs pour compenser l’inclinaison. Depuis la place, il suffit de lever les yeux pour le remarquer : la tour semble changer d’avis à mesure qu’elle monte. Il en résulte ce profil caractéristique en trois segments, qui raconte encore aujourd’hui ce défi, brique après brique.

Avec sa croix, la tour dépasse 75 mètres. La liste des plus hauts campaniles d’Italie l’enregistre à 71,70 mètres, sans doute selon un autre critère de mesure.

Blessée, puis soignée

Le séisme d’Émilie des 20 et 29 mai 2012 endommagea la base de la chambre des cloches et fit s’effondrer quelques arcs qui soutiennent la flèche.

La restauration de 2014 a renforcé la tour par des coutures armées en acier inoxydable, des injections de mortier de chaux, des cerclages en câbles d’acier et des barres en fibre de carbone. Des techniques d’aujourd’hui au service d’une obstination vieille de plus de deux siècles. Ainsi, la tour tordue continue de veiller sur le village et sur le fleuve.

Sources

  1. Università IUAV di Venezia
  2. Campanologia.org
  3. Il Turista

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