Le pont routier sur l'Adige à Lusia, avec le fleuve et ses berges herbeuses
Le pont sur l'Adige à Lusia : le fleuve dont les crues ont laissé les sols sableux des potagers (ne montre pas les champs de salade) · Threecharlie · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons
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Saveurs · Lusia

Insalata di Lusia IGP, le potager né du sable de l'Adige

Une crue du fleuve couvrit les champs de sable : ainsi naquit la « Capitale degli Orti »

Époque
depuis le début du XXe siècle ; IGP depuis 2009
Où
Lusia

À Lusia, ceux qui cultivent la salade ont un nom bien à eux : les « salatari ». Et le village, adossé à l'Adige, a gagné le surnom de « Capitale degli Orti » (capitale des potagers). Mais cette vocation n'est pas si ancienne, et surtout elle est née d'un malheur.

Le cahier des charges de l'IGP raconte que vers la fin du XIXe siècle, la dernière rupture de digue de l'Adige recouvrit ces campagnes de sable. Ce n'était que le dernier épisode d'une longue série : avant cela, les bras du Tartaro, à l'époque préromaine et au haut Moyen Âge, puis les crues de l'Adige au fil des siècles avaient déposé des couches de sables alluviaux. Sur ces terres, le blé et le maïs rendaient peu, et les habitants les abandonnèrent. Les dunes laissées par la dernière crue furent aplanies peu à peu, jusqu'en 1960.

Le sable, pourtant, se révéla propice aux légumes. Au début du XXe siècle apparaissent les premières cultures maraîchères, aidées aussi par l'eau : la nappe, alimentée par l'Adige, reste haute et garde le sol humide, au point de permettre de cultiver même en juillet et en août. Les premiers documents sont des cahiers manuscrits de producteurs des années 1930 : en 1933 y figurent les mots « latuga » et « salata » pour désigner la laitue pommée. Il existe aussi la lettre d'un maraîcher à une autorité ecclésiastique, qui décrit la peine à vendre la récolte.

Dans les années 1950 naît la Centrale Ortofrutticola de Lusia et arrivent les premières statistiques : en 1956, les salades sont déjà le deuxième produit du marché local, après la pomme de terre. Dans les années 1960, des commerçants de Lusia remarquent au marché de Vérone une laitue différente, la « gentile », et en rapportent la semence. Depuis, il existe deux variétés : la cappuccia, à feuille compacte et ondulée, et la gentile, à feuille cloquée et découpée.

En 2009, l'Insalata di Lusia est devenue IGP. La zone comprend Lusia, Badia Polesine, Lendinara, Costa di Rovigo, Fratta Polesine, Villanova del Ghebbo et Rovigo, plus trois communes de la province de Padoue. Qui traverse aujourd'hui la campagne entre Lusia et l'Adige voit encore le paysage né de cette crue : des champs maraîchers bien ordonnés sur une terre sablonneuse.

SourcesSources vérifiées

  1. Disciplinare di produzione della IGP «Insalata di Lusia» — Ministero dell'agricoltura, della sovranità alimentare e delle foreste (MASAF)
  2. Insalata di Lusia IGP (storia a cura del Consorzio di tutela) — Ministero delle politiche agricole su Google Arts & Culture
  3. Insalata di Lusia IGP — Qualigeo – Fondazione Qualivita

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